La folie ordinaire

Art, chroniques et autres folies
rien de plus ordinaire, rien d'extraordinaire

Artiste #3 - Miri Segal

Comme je suis méchante ou plutôt ayant la fleur au bout du fusil, je n’ai pas publié ni même écrit de chroniques cinéma et littérature la semaine passée. Et le pire, c’est que je suis en retard d’un jour pour la chronique artiste. Ne me blâmez pas, je me rattrape donc aujourd’hui en vous présentant une artiste contemporaine qui mérite réellement que l’on se préoccupe son travail. 

MIRI SEGAL

Née en 1965 en Israël, Miri Segal vit et travaille à Tel Aviv. Elle fit des études en mathématiques, avant de se tourner vers l’Art, domaine dans lequel elle excèle. D’ailleurs, on remarque dans son travail une logique de création que l’on peut rapprocher facilement de son héritage scolaire. 

Miri Segal - Necrofleur
Necrofleur, 2003
(Portrait de l’artiste)

Pour commencer, les oeuvres de Miri Segal sont une exploration des sens et du corps humain. Elle construit des images savantes et précises, trompant la perception du spectateur grâce à de nombreux jeux optiques. Elle crée une sorte de questions-réponses entre image mentale (celle qu’elle désire créer) et image réelle, mettant ainsi en évidence l’aliénation du monde de la perception. De ce fait, l’artiste nous rappelle que nous avons tous un corps, réceptacle à émotions qui ne sont pas forcément en adéquation avec la réalité. Les oeuvres désorientent donc le spectateur et le surprennent. En clair, l’artiste joue sur la psychologie et les sens du spectateur et cela à chaque instant. 

Miri Segal - The logic of stupidity
The Logic of stupidity, 2009

Ensuite, l’artiste insère le spectateur dans ses créations. Ce dernier n’est plus simplement voyeur mais acteur. A titre d’exemple, dans Place de la Bonne Heure, le spectateur s’assoit sur un siège au centre de l’installation, ce même siège tourne sur lui-même permettant au protagoniste de visionner deux vidéos différentes (un enregistrement de passants à Tel Aviv, puis entre Ramallah et Jérusalem). Il est ainsi totalement absorbé par le flot d’images que déversent les films et devient partie intégrante de l’installation.
Aussi, il ne faut pas négliger la dimension politique sous-jacente dans les oeuvres, leur donnant encore plus de sens et de profondeur (par exemple, dans Place de la Bonne Heure, le conflit israélo-palestinien est évoqué).

Miri Segal - Place de la Bonne Heure
Place de la Bonne Heure, 2005

Dans des travaux plus récents, Miri Segal s’interroge sur la technologie et son impact, en reprenant des symboles, désormais connus de tous, comme les couleurs de Google dans Don’t be Evil (en collaboration avec Or Even Tov). Personnellement, je vois dans cette dernière œuvre, une ironisation et une critique de notre société pro-technologie qui a ses limites (pour n’en citer qu’une, on ne connait pas réellement les effets des ondes radios sur l’organisme). 

Miri Segal - Don't be evil
Don’t be Evil, 2011

En somme, l’œuvre de Miri Segal est une expérience qui offre une multitude d’interprétations et dont le spectateur y est un acteur majeur. C’est tout simplement la création d’une nouvelle réalité que chacun est libre de s’approprier, et une vision réflexive sur le corps humain et les sens, le tout en restant fidèle un tant soit peu à une réalité terrestre.

Et c’est pour ça que j’apprécie son travail.

(Source : dvirgallery.com)

Illustration by Christopher Hunt
“There is nothing to writing. All you do is sit down at a typewriter and bleed.”          — Ernest Hemingway

Illustration by Christopher Hunt


“There is nothing to writing. All you do is sit down at a typewriter and bleed.”
          — Ernest Hemingway

(via heyoscarwilde)

Leslie Shows - Rachel (blood), 2008

Leslie Shows - Rachel (blood), 2008

(via 2headedsnake)

Owly shit
Imaginé et couché sur papier par moi-même(Les couleurs rendent mal, je n’ai pas pu le scanner, seulement le photographier)
©LaFolieOrdinaire

Owly shit

Imaginé et couché sur papier par moi-même
(Les couleurs rendent mal, je n’ai pas pu le scanner, seulement le photographier)

©LaFolieOrdinaire

TTC - Antenne 2
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Extrait de l’album 3615 TTC (2006) 

Mon périple dans le Desert du Negev, avec Camille.

Lien #7 - ffffound

On trouve sur ce site des images et photographies bien sympathiques.
A regarder de temps à autre.  

Miri Segal - Necrofleur (2003)■ ■ ■

Miri Segal - Necrofleur (2003)
  

Sans titre (autoportrait)© LafolieordinaireMes premiers pas dans le monde du dessin 

Sans titre (autoportrait)
© Lafolieordinaire
Mes premiers pas dans le monde du dessin 

Photos prises au quotidien dans les rues de Tel Aviv

Citation #5

"Plus de drapeau rouge mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions."

          — Louise Michel
             18 mars 1882 

Lou Reed - Walk on the wild side
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Extrait de l’album Transformer (1972)