La folie ordinaire

Art, chroniques et autres folies
rien de plus ordinaire, rien d'extraordinaire

Cinema #3 - Le premier jour du reste de ta vie

On n’est pas mercredi. Tant pis.
Je n’ai pas regardé de films récemment. Du moins, de films qui valent trois heures de mon temps pour la rédaction d’une chronique. Parce que des stupidités américaines (pour ne pas dire gros navets) devant lesquelles tu ranges ton cerveau loin de sa boite cranienne originelle, ça, j’en ai fait une cure. C’est donc de mémoire que je vais vous présenter un film qui m’a marqué. 

LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE

Le meilleur synopsis trouvé sur le net est probablement celui du site officiel du film, même si je le considère loin d’être à la hauteur de ce bijou du cinéma français. Néanmoins, je le publie quand même pour que vous vous fassiez une idée. 

"Marie-Jeanne et Robert Duval ont trois enfants : Albert, Raphaël et Fleur. Le portrait de leur famille s’esquisse sur une douzaine d’années, à travers cinq journées particulières.
LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE, ou cinq jours décisifs dans la vie d’une famille de cinq personnes, cinq jours plus importants que d’autres où plus rien ne sera jamais pareil le lendemain.”

Et parce que je ne l’aime pas vraiment, je vais vous présenter les personnages en quelques lignes.
Robert est chauffeur de taxi et n’arrive pas à arrêter de fumer; Marie-Jeanne, sa femme, envahit un peu trop ses enfants et se laisse meutrir par le temps qui passe; Albert, l’ainé, quitte le domicile familial et étudie la médecine; Raphaël ne sait pas quoi faire de sa carcasse sauf boire du vin et écouter de la musique et la dernière Fleur, n’a pas l’adolescence facile avec tout ce que cela implique. Des destins bien différents et pourtant constituant une unité familiale forte. 

Le premier jour du reste de ta vie - film still

J’ai réellement apprécié ce film pour de multiples raisons (je sais, j’utilise beaucoup cette formule dans mes chroniques mais je n’arrive pas à en trouver une autre, sûrement par fainéantise ou par manque d’inspiration. Bref.)

Evidement l’intrigue est génialement magnifique. Raconter douze ans de la vie d’une famille, rien de plus normale et banale, en cinq jours décisifs est une très bonne idée. Je vois déjà les mauvaises langues : “Ca doit être un sacré foutoir incompréhensible”. Et pourtant, non. Chaque jour narré se focalise sur un personnage sans pour autant oublier les autres et les flashs-back sont ingénieusement insérés; tout est fluide et coule de source. Simplement, cinq chapitres de cinq vies différentes, toutes intimement unies au sein de ce que l’on appelle “Famille”. 

Puis, on ne s’ennuie pas devant ce film, bien que soit filmée la banalité du quotidien. Bien au contraire, on s’identifie facilement aux personnages et on se surprends à se reconnaître dans les situations qu’ils vivent. On replonge dans son propre passé, une sorte de flash-back personnel qui fait sourire ou d’ailleurs provoque vos glandes lacrymales pour vous chatouiller la rétine et ça, en un rien de temps.

Le premier jour du reste de ta vie - diner chez les Duval

Malgré cette apparence volage au premier abord, Le premier jour du reste de ta vie aborde des sujets profonds. La difficulté de chacun à grandir et à s’épanouir, les valeurs familiales parfois étouffantes mais nécessaires dans la construction de son identité, le temps qui passe et qui laisse des cicatrices, la transmission de l’expérience, et le pouvoir des relations intergénérationnelles sont autant de thématiques finement traitées par Rémi Bezançon, sans pour autant tomber dans le cliché.

Les performances des acteurs sont majestueuses, et évitent aussi les stéréotypes. Jacques Gamblin dans le rôle de Robert, Zazou Breitman dans celui de Marie-Jeanne, Déborah François dans celui de Fleur, pour n’en citer que trois, donnent de la consistance, de la crédibilité à ces personnages et en font ainsi de véritables héros du quotidien.

Le premier jour du reste de ta vie - Raphaël faisant du Air Guitar

Il ne faut pas non plus oublier la musique, omniprésente et très importante dans le film. Les références ne manquent pas : titre du film honorant une chanson d’Etienne Daho, mort de Kurt Kobain, le Air Guitar pratiqué par Raphaël, photo de Gainsbourg dans la chambre de Fleur, etc. Et la Bande Originale finement choisie, oscille entre classique du rock (The doors, Janis Joplin, Lynryd Skynyrd), David Bowie et chanson française (Indochine, Etienne Daho). Un véritable régal. 

En clair, c’est la lecture du journal intime de la famille Duval; une belle tentative de capter le temps qui passe. C’est nostalgique, drôle, émouvant, poétique, réaliste, banal et pourtant tellement bon. 
Et comme dis l’affiche du film, "Cette famille, c’est la vôtre"Le premier jour du reste de ta vie - affiche

Le premier jour du reste de ta vie, de Rémi Bezançon, 2008

(Source : lepremierjour-lefilm.com)

Serge Gainsbourg(Je ne sais malheureusement pas de qui est cette photographie, et je ne connais pas non plus la date)

Serge Gainsbourg
(Je ne sais malheureusement pas de qui est cette photographie, et je ne connais pas non plus la date)

A short film by Blu
Made in Buenos Aires and in Baden

Citation #8

"Peut-être que l’amélioration de soi n’est pas la réponse.
Tyler n’a jamais connu son père.
Peut-être la réponse, c’est l’auto-destruction”

          —  Chuck Palahniuk
               
 Extrait de Fight Club (1996)

Stupeflip - Stupeflip vite
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Extrait de l’album The Hypnoflip invasion (2011) 

Took from a gallery

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(Source : thekalamama)

Lien #9 - Butdoesitfloat

Un site où l’on fait pleins de découvertes artistiques, en tout genre et surtout fort intéressantes. Je vous recommande de le rajouter dans vos favoris. 
 

Alice X. Zhang & Donald Lime - Zombies in Wonderland

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(via brain-food)

Jerusalem, la belle

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Extrait de l’album Fantaisie Militaire (1998) 

Manu Larcenet - Extrait de Blast, Tome 1 (2009)

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Citation #7

"J’ai un projet, devenir fou."

          — Charles Bukowski
              Extrait des Les contes de la Folie ordinaire (1972)