A short film by Blu
Made in Buenos Aires and in Baden
Citation #8
“Peut-être que l’amélioration de soi n’est pas la réponse.
Tyler n’a jamais connu son père.
Peut-être la réponse, c’est l’auto-destruction”
— Chuck Palahniuk
Extrait de Fight Club (1996)
Stupeflip - Stupeflip vite
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Extrait de l’album The Hypnoflip invasion (2011)
Took from a gallery
(Source : thekalamama)
Lien #9 - Butdoesitfloat
Un site où l’on fait pleins de découvertes artistiques, en tout genre et surtout fort intéressantes. Je vous recommande de le rajouter dans vos favoris.
Alice X. Zhang & Donald Lime - Zombies in Wonderland
(via brain-food)
Jerusalem, la belle
Alain Bashung - La nuit je mens
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Extrait de l’album Fantaisie Militaire (1998)
Manu Larcenet - Extrait de Blast, Tome 1 (2009)
Citation #7
“J’ai un projet, devenir fou.”
— Charles Bukowski
Extrait des Les contes de la Folie ordinaire (1972)
Litterature #2 - L’ ecume des jours
Quelle bien mauvaise blogueuse je suis ! Je n’ai publié aucune chronique depuis la semaine dernière, et je n’arrive pas à tenir la fréquence de publication que j’avais annoncé. Trêve de bavardages. Une fois n’est pas coutume (pour le moment), aujourd’hui, je ne vais pas présenter un artiste mais une oeuvre littéraire.
L’ECUME DES JOURS - BORIS VIAN
Pour commencer, je vous résume l’histoire, sans trop en dévoiler pour ceux qui ne l’ont pas lu. Comme je ne maîtrise pas bien le codage en javascript et HTML, je n’ai pas réussi à cacher certaines phrases. Donc pour ce qui n’ont pas lu le livre, ne lisez pas les phrases en italique (je sais, c’est dur).
On peut dénombrer trois intrigues parallèles : une histoire principale et deux autres sous-intrigues.
Le récit majeur est celui de Colin, un jeune homme riche, célibataire, attendant l’amour. Il rencontre, lors d’une fête, Chloé dont il tombe instantanément amoureux et vice-versa. Les deux jeunes gens se marient. L’histoire se ternit, lorsque Chloé, durant leur voyage de noce, tombe malade : un nénuphar lui pousse dans le poumon.
Pour la guérir, il faut qu’elle hume le parfum de fleur. Colin se ruine pour elle, en vain.
La deuxième intrigue concerne Chick, meilleur ami de Colin, qui séduit Alise, une amie de Chloé. Malgré le fait qu’il soit ingénieur, il ne gagne pas suffisamment bien sa vie pour pouvoir payer son mariage. Colin lui avance les doublezons nécessaires. Seulement, Chick est aveuglé par une passion beaucoup plus forte que son amour : celle qu’il porte à la personne est à l’œuvre de Jean-Sol Partre (contrepèterie de Jean-Paul Sartre).
L’issue de cette histoire sera tragique puisqu’Alise assassinera Jean-Sol Partre et quatre libraires à l’aide d’un « arrache-cœur » avant de mourir dans les flammes des incendies qu’elle déclencha. Chick, quant à lui, sera tué par la police parce qu’il ne payait pas ses impôts.
La troisième intrigue est très peu développée dans le roman. Il s’agit de l’histoire de Nicolas, cuisinier de Colin, et d’Isis, amie de Chloé.
Ces trois histoires se développent dans un univers étrange, marécageux, proche de notre réalité, mais en tout points différents. Bizarre serait un mot juste pour qualifier ce monde. Les murs rétrécissent au fur et à mesure de la détérioration de la santé de Chloé (malgré les efforts d’une petite souris), on pêche des anguilles dans le lavabo de la salle de bain avec du dentifrice à l’ananas, on fait pousser des fusils en s’allongeant dans des trous de terre, on se fait des cocktails en jouant des standards de Jazz sur un piano-cocktail, des nénuphars poussent dans les poumons et j’en oublie certainement des centaines.

Affiche de la Compagnie La rumeur
Les raisons pour lesquelles j’ai lu, re-lu et re-lu ce roman sont nombreuses. Je tiens aussi à vous préciser que c’est le premier livre de « grands » et aussi le premier de Boris Vian que j’ai lu. J’en suis tombée amoureuse, ce qui m’a poussé à lire toute son œuvre. Bref.
Tout d’abord, j’adore cet univers décalé, absurde, irréel dont je parle plus haut. C’est sombre, dérangeant, vous mettant mal à l’aise. Le paradoxe est que l’on a envie d’y rester pour y découvrir tous les recoins sombres et secrets. Cet onirisme omniprésent ne vous donne pas envie de vous réveiller et de revenir à la réalité, seulement de rester confortablement assis dans son fauteuil à bouquiner.
Puis, j’apprécie les personnages qui n’ont pas forcément de caractère très affirmés. Ils sont superficiels, trop attachés à leur paraitre et sont surtout banals. Et pourtant, ils surprennent le lecteur un peu plus à chaque instant. La surprise atteint son paroxysme au dénouement : malgré quelques doutes quant à l’issue du roman, jamais on aurait imaginé une fin pareille.
Ensuite, j’aime le thème de l’amour tel que Boris Vian l’exploite. L’histoire de Colin et de Chloé est belle, magnifiquement belle. Colin est prêt à tout perdre, même sa dignité, pour sauver Chloé. Il en devient même fou. Celle de Chick et d’Alise est impossible à cause de la passion étouffante de Chick et celle de Nicolas et Isis est passionnelle, physique et charnelle. Toutes ses amours ressortent plus puissants et donnent à rêver, malgré la tragédie finale.
J’affectionne aussi les critiques de Boris Vian à l’égard de la société de son temps (roman publié en 1947). Il juge la religion corrompue (cérémonies fastueuses quand on a de l’argent, honteuses dans le cas inverse). Il dénonce des conditions de travail inhumaines, où l’homme devient machine (rappelons que Colin fait pousser des fusils grâce à son corps, en s’allongeant dans des trous en terre). Et le culte de la personne et les effets de mode sont satirisés au travers du personnage de Chick et Jean-Sol Partre.
Après quoi, j’aime plus que tout les références musicales. En lisant ce roman, on se replonge dans un univers Jazz des années 40-50 et on redécouvre des standards forts agréables. Profitez-en pour ré-écouter Chloé, morceau central du livre, arrangé par Duke Ellington.
Enfin, j’aime le « style » d’écriture de Boris Vian. Tout n’est que poésie et métaphores. Et, de par ce fait, une puissance extraordinaire émane de ses mots. Que ce soit pour exprimer la tristesse, la mélancolie, la violence, la justesse et la précision des mots nous donne une perception exacte et déconcertante des sentiments des personnages. On ressent des émotions très profondes, parfois indescriptibles.
En clair, une histoire d’amour, tout ce qu’il a de plus banal. Mais la puissance de l’imagination, du vocabulaire, des métaphores et images de Boris Vian en font une véritable épopée romantique sans pour autant en être un roman de la collection Harlequin.
« Le plus poignant des romans d’amour contemporains »
Raymond Queneau

Ce livre a bouleversé ma vie, et surtout, 19 ans plus tôt celle mon père.
Ma sœur s’appelle Chloé.

